LA RECONSTRUCTION :

 
 
Les ruines avant 1902

C'est le 4 mai 1899 que le maire et le conseil municipal de la vile de Sélestat décident de faire dont à l'empereur Guillaume II de Hohenzollern (l'Alsace-Lorraine était allemande depuis 1871) des ruines du château du Haut-Koenigsbourg sur les conseils du Kreisdirektor Albert Dieckmann. L'empereur se réjouit immédiatement de ce présent et se félicite dans une lettre de remerciements adressée à la ville d'être ainsi devenu "le propriétaire de l'un des plus important et des mieux conservés des châteaux allemands dont la pierre témoigne pour nous de l'âme de la plus ancienne chevalerie allemande". Il précise en outre qu'il souhaite faire du Haut-Koenigsbourg "le symbole de l'Empire ressuscité du passé germanique de l'Alsace et un lieu de culture proposant au public une vivante leçon d'histoire". Bref, tout un programme, une sorte d'éco-musée avant l'heure. La décision de faire reconstruire le château est donc prise dans la foulée et dès l'été 1899, 100 000 marks sont réservés sur les fonds propres de l'empereur pour financer les études préliminaires.

 
 

La direction des travaux est confiée à un jeune architecte de trente quatre ans, Bodo Ebhardt, originaire de la ville de Brême. Les travaux commenceront dès l'année suivante et la première pierre sera posée le 12 mai 1901. L'architecte se chargera de rendre le château dans l'état tel qu'il était à son apogée au XVe siècle, au temps des Thierstein. Dans un premier temps, des travaux de déblaiement et de défrichement sont entrepris et tous les objets trouvés dans les décombres (faïences, débris de sculptures, boulets de pierre, ferrures) sont soigneusement répertoriés. Une fois le site primitif relevé, les travaux de reconstruction purent débuter sur la base d'un important travail d'historien réalisé par Bodo Ebhardt lui même, la règle étant de se fonder sur les connaissances techniques et architecturales de l'époque. Le chantier mobilise une quarantaine de personnes en hiver mais peut dépasser les deux cent vingt en été. Pour extraire la pierre, une carrière est ouverte près des ruines de l'Oedenbourg située en contre-bas du Haut-Koenigsbourg. Pour transporter les blocs, une petite locomotive circule d'est en ouest dès 1901 sur une voie de 60 cm de large. L'alimentation en eau du chantier est assurée par une station de pompage construite spécialement pour l'occasion. Une puis deux grues fonctionnant à l'électricité sont amenées sur le site, le courant étant produit par un groupe électrogène. D'un coût total de 2 250 000 mark, les travaux seront finalement achevés en 1908, soit sept ans après la pose de la première pierre. Le château est inauguré le 13 mai 1908 sous une pluie battante (certains alsaciens y verront un signe du ciel) par un cortège évoquant l'entrée des Sickingen au Haut-Koenigsbourg en 1533 et en présence de l'empereur Guillaume II en personne. La restauration se poursuit tout au long de la première guerre mondiale par l'achat de collections et la réalisation des décors. Il est finalement restitué à la France comme domaine national par le traité de Versailles.


Recontruction du donjon
 

GALERIE D'IMAGES
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Montages photographiques avant et après reconstruction
 
L'architecte Bodo Ebhardt

L'architecte Bodo Ebhardt

Ouvriers au travail

Visite de Guillaume II
 
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